Introduction

Ce que nous vous présentons dans ce répertoire

Ce répertoire des stages en français permet aux étudiants d’en apprendre plus sur différents milieux de stage offerts dans des communautés francophones en situation minoritaire.

Nous présentons les différents aspects sociodémographiques et culturels ainsi que les réalités de santé de chaque communauté en plus d’identifier les milieux de stages disponibles dans ces communautés.

Voici les milieux qui seront abordés :

carte-canada

La réalité des communautés francophones en situation minoritaire

Au Canada, plus d’un million de francophones habitent à l’extérieur du Québec, ce qui équivaut entre 3 à 5 % de la population canadienne (L. Bouchard et Desmeules, 2011). Ces francophones vivent dans un contexte bien particulier, soit celui de parler français dans un milieu où la plupart des gens parlent principalement anglais.

Voyons quelques éléments qui caractérisent les francophones en milieu minoritaire.

L’âge

Globalement, les francophones en situation minoritaire sont plus âgés que le reste de la population à l’échelle nationale et régionale. En effet, selon les statistiques de recensement de 2006, 38 % des francophones ont plus de 50 ans ce qui dépasse la moyenne générale de près de 7 %. Ce chiffre s’accroit d’ailleurs dans les régions rurales où habitent bon nombre de francophones minoritaires (Fédération des communautés francophones et acadienne, 2011).

La scolarité et le revenu

Malgré le fait qu’il existe d’importantes variations dans les niveaux de scolarisation des francophones en contexte minoritaire selon qu’ils habitent une région plus rurale ou métropolitaine, dans l’ensemble ces derniers sont moins scolarisés que les anglophones en contexte majoritaire. Cela se répercute directement sur leur revenu qui est lui aussi inférieur à celui des anglophones majoritaires (L. Bouchard et Desmeules, 2013).

La santé

Plusieurs auteurs ont démontré, à plusieurs reprises, que l’âge, l’éducation, le revenu et la région d’habitation influencent tous considérablement la santé d’un individu. Or, selon des études récentes, le fait de vivre en situation linguistique minoritaire est lui aussi un important déterminant de la santé. En sachant que les francophones en contexte minoritaire font partie de milieux et de groupes vulnérables (plus âgés, moins éduqués, moins bien rémunérés, etc.), il n’est pas surprenant que leur santé soit plus précaire que celle des anglophones majoritaires.

En effet, les études démontrent que la population francophone en contexte minoritaire :

  • Déclare plus souvent avoir au moins deux maladies chroniques que la population anglophone majoritaire
  • Fume et boit plus que la population anglophone majoritaire
  • Affirme plus souvent que la population anglophone majoritaire avoir de la difficulté à accomplir une tâche
  • A plus tendance à l’embonpoint que les anglophones

(L. Bouchard et Desmeules, 2013; Gagnon-Arpin, Makvandi, Imbeault, Batal et L. Bouchard, 2013)

L’importance d’offrir des services en français

« Si vous ne pouvez pas communiquer avec votre patient, votre patient n’est pas en sécurité » (Lortie et al., 2012 cités dans la Boîte à outils pour l’offre active des services de santé en français, 2015). Percutante, cette citation illustre très bien l’importance de la langue dans l’offre de service en santé pour assurer la qualité et la sécurité des patients. En effet, les problèmes de communication peuvent être lourds de conséquences pour le patient qui n’a pas accès à des services de santé dans sa langue, car ils peuvent mener à :

  • un mauvais diagnostic
  • un traitement inapproprié, à une diminution de l’adhésion des patients aux services
  • une insatisfaction des patients, de leur famille et des fournisseurs de services
  • une augmentation des coûts des soins de santé

(Bowen et Roy, citées par le Consortium national de formation en santé [CNFS], 2011, P. Bouchard et Savoie, 2011).

Dans ce contexte, l’utilisation de la langue maternelle du patient peut faire toute la différence dans la qualité des soins offerts. Or, une étude effectuée auprès de Franco-Ontariens a démontré, que

  • 53 % des répondants n’ont jamais ou presque jamais accès à des services de santé mentale en français (sauf dans les hôpitaux psychiatriques),
  • 66 % n’ont jamais accès à des centres d’hébergement d’urgence offrant des services en français,
  • 66 % n’ont jamais ou presque jamais accès à des centres de traitement de la toxicomanie offrant des services en français, et
  • 77 % n’ont jamais ou presque jamais accès à des centres de traitement de l’alcoolisme offrant des services en français

(Société Santé en français, 2013).

Il est donc primordial de former des professionnels de la santé qui puissent desservir une clientèle francophone en contexte minoritaire à travers le pays. Une boîte à outils est disponible en ligne (www.offreactive.com) et offre plusieurs ressources utiles pour appuyer la formation de professionnels et de futurs professionnels de la santé à l’offre active des services de santé en français.

Quels sont les bénéfices pour les étudiants de faire un stage en français dans un milieu éloigné?

Bien que la pratique en région éloignée diffère de celle en milieu urbain, ces différences sont la source de bien des richesses pour favoriser l’apprentissage du stagiaire (Hendrickx, Mennenga et Johansen, 2013).

Selon les résultats des évaluations des divers milieux de stage, les stagiaires des milieux éloignés ont la perception d’être encadrés dans un environnement d’apprentissage comparable à celui des autres stages en milieu urbain. D’ailleurs, ils indiquent avoir développé de bonnes habiletés cliniques grâce aux nombreuses occasions où ils ont eu des expériences pratiques concrètes (hands-on experience) et ce, pour une grande variété de problèmes de santé (Strasser et Neusy, 2010).

Vivre une expérience de stage dans un milieu éloigné permet aussi au stagiaire de :

  • Travailler dans une variété d’environnements de stage qui diffèrent des environnements urbains
  • Ressentir une satisfaction personnelle en offrant des soins qui sont peu disponibles
  • Découvrir un intérêt pour le milieu et le choisir comme lieu de travail plus tard
  • Profiter d’un environnement ouvert qui favorise son apprentissage, tout en l’exposant aux diverses réalités de ces milieux
  • Développer des compétences nécessaires pour travailler auprès de différentes clientèles vivant avec des problématiques variées (pratique de généraliste)