La vie à Whitehorse

Portrait de la société

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Histoire
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Il y a plus de 10 000 ans, le territoire du Yukon était un lieu de grande importance du point de vue géologique et anthropologique. À l’époque glaciaire, un pont continental appelé la Béringie reliait l’Amérique du Nord à l’Eurasie. Cette région devint le refuge de grands mammifères comme le mammouth et le bison des steppes ainsi que d’habiles chasseurs de gros gibiers.

Au cours des siècles suivants, les peuples autochtones du Yukon, soit les Nahannis, les Tutchtones, les Tlingits, les Gwich’ins et les Inuits, vécurent selon leurs traditions. Or, au XVIIe siècle, avant tout contact avec les explorateurs, les Autochtones ressentirent l’influence européenne notamment par l’échange de marchandises, mais aussi par la transmission de maladies. Au fur et à mesure, le commerce des fourrures devint le pôle économique du territoire et la base de la relation entre les peuples.

À la fin du XIXe siècle, de plus en plus de prospecteurs s’intéressent aux ressources minières du Yukon, surtout à l’or. La découverte d’or dans le bassin hydrographique de la rivière Klondike par Skookum Jim, George Carmack et Dawson Charlie en 1896, donne lieu à la célèbre Ruée vers l’or de 1898. C’est d’ailleurs dans la foulée de cette Ruée vers l’or que les villes de Dawson et Closeleigh (rebaptisée Whitehorse à cause des rapides du fleuve Yukon qui rappellent la crinière d’un cheval blanc) voient le jour. Centre de transbordements entre les trains et les bateaux, Whitehorse devint de plus en plus importante grâce à la construction du White Pass and Yukon Route (chemin de fer jusqu’à Skagway) en 1901, à la construction de la route de l’Alaska (voie rapide jusqu’à Fairbainks) en 1943, à l’acquisition du statut de capitale en 1953 et à la construction d’une importante centrale hydroélectrique en 1957.

De nos jours, Whitehorse surnommée Wilderness City demeure l’épicentre du territoire.

Culture
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La culture yukonnaise est un heureux mélange entre les traditions, les croyances et les pratiques des peuples autochtones de la région et des immigrants francophones, anglophones, germanophones, etc. venus faire fortune sur le territoire lors de la Ruée vers l’or.

Données socio-
démographiques
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Avec près de 29 000 habitants, Whitehorse est de loin la ville la plus populeuse du Yukon. En effet, les Whitehorsiens forment plus de 77 % des quelque 37 000 habitants du territoire (Yukon Bureau of Statistics, 2016). Si la majorité des allochtones demeurent dans la capitale territoriale, une grande proportion d’Autochtones vivent dans des communautés rurales. Là ne s’arrête pas la différence entre allochtones et Autochtones, puisqu’on observe un grand écart entre l’âge médian des deux groupes. Les premiers reflètent la moyenne nationale avec un âge médian de 40 ans, comparativement à 31 ans chez les Autochtones (YBS, 2016).

En ce qui concerne la langue, l’anglais est la langue la plus fréquemment parlée par les Yukonnais. Ceci n’est pas étonnant en sachant que l’anglais est la langue maternelle de près de 85 % des habitants du territoire. Cela dit, le français, l’allemand, le Tagalog et les langues athapascanes sont aussi présentent au Yukon (YBS, 2013). D’ailleurs, le Yukon compte la deuxième plus grande proportion des francophones dans la francophonie minoritaire (Association franco-yukonnaise, n.d.).

Santé et réalités sociales
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Les réalités sociales et l’état de santé des habitants du Yukon ressemblent beaucoup à ceux de la population canadienne (Yukon Health and Social Services [YHSS], 2012; Yukon Poverty Progress Profile [YPPP], 2013). Toutefois, il est important d’examiner plus précisément les réalités vécues par les populations vulnérables (jeunes, femmes, autochtones, etc.) ainsi que celles vivant en région plus éloignée.

Statut socioéconomique

En 2015, le Yukon détenait une position enviable parmi les provinces et les territoires canadiens avec le plus haut taux d’emploi (69 %) et un faible taux de chômage (6,3 %) (Yukon Bureau of Statistics [YBS], 2015a). Cela dit, certains groupes vivent des situations plus difficiles. Par exemple, le taux de chômage des Premières Nations qui habitent le territoire s’élève à 8,8 % : un taux beaucoup plus élevé que la moyenne territoriale (YBS, 2015a). De plus, selon le YPPP, en 2013, près de 4,3 % des familles et 9,3 % des familles monoparentales vivaient sous le seuil de la pauvreté. Cette pauvreté crée un taux élevé d’insécurité alimentaire qui atteint 16,8 %, comparativement à la moyenne nationale de 12,3 % (Social Inclusion and Poverty Reduction Strategy, cité par le YPPP, 2013). D’ailleurs, à Whitehorse, le nombre de personnes ayant recours à la banque alimentaire est trois plus élevé que ne l’avaient initialement estimé les responsables, tandis que le manque de logements abordables est criant (YHSS, 2012).

Réalités sociales
L’exclusion sociale est un phénomène observable au Yukon notamment chez les Autochtones, les familles monoparentales, ainsi que les femmes. Pour ce qui est des peuples autochtones, le YPPP (2013) estime que les expériences coloniales (p. ex. l’isolement dans les réserves, l’assimilation et les sévices dans les pensionnats indiens, la séparation des familles durant le Sixties Scoop), le manque d’accès à des services, à des emplois, à des logements abordables ainsi que le racisme expliquent le taux élevé de pauvreté de cette population. De plus, la majorité des enfants pris en charge par le gouvernement sont des enfants autochtones.

Finalement, un rapport rédigé par le Yukon Health Status Report en 2009 (cité par le YPPP, 2013) indique que les femmes sont deux à trois fois plus à risque d’être victimes de violence conjugale et d’agression sexuelle au Yukon que dans les autres provinces canadiennes. En conséquence, les maisons pour femmes victimes de violence conjugale sont aussi plus utilisées qu’ailleurs au Canada.

État de santé
Au Yukon, tout comme dans les autres territoires canadiens, l’accès aux services de santé surtout dans les communautés rurales est plus limité. Quoique la majorité des communautés ait accès à des équipes de soins de santé, ce sont les services spécialisés qui manquent. Pour avoir accès à certains services spécialisés (cardiologie, orthopédie, oncologie, neurologie), les habitants du Yukon doivent se déplacer vers les grandes métropoles, telles Vancouver et Edmonton, ou attendre la visite du médecin lors de cliniques spécialisées. Un fardeau supplémentaire est imposé aux médecins de famille du Yukon, puisqu’ils entreprennent les soins de patients qui seraient autrement confiés à des spécialistes s’ils habitaient dans de grands centres urbains (YHSS, 2012).

Parmi les comportements à risque, on note un taux élevé de binge drinking (beuverie express), beaucoup plus fréquents au Yukon qu’ailleurs au Canada. En effet, en 2012, près de 48 % des résidents disaient avoir eu ce comportement dans les dernières années et près de 22 % dans le dernier mois (YHSS, 2012).

Faits intéressants!

image7Émilie Fortin Tremblay (1872-1949), première femme blanche à traverser le Chilkoot, fut l’une des pionnières francophones au Yukon. Très engagée dans la communauté, elle a notamment invité tous les mineurs de Miller Creek pour un repas de Noël, ouvert un magasin pour dames à Dawson, fondé plusieurs clubs de femmes, tricoté 263 paires de bas pour les soldats, etc. La première école francophone au Yukon porte son nom.

Vie de tous les jours

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Climat
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Le Yukon jouit d’un climat subarctique, ce qui veut dire que les étés sont courts et chauds et les hivers longs et froids, notamment en raison de la variation des périodes d’ensoleillement d’une saison à l’autre.

À Whitehorse, les étés sont secs, ensoleillés et relativement chauds. La température varie habituellement entre 15 et 20 °C, tandis que le nombre d’heures de clarté s’élève à près de 21 heures par jour lors du mois de juin. À l’inverse, les hivers sont sombres et froids, alors qu’on peut compter seulement 4,5 heures de clarté par jour et que la température varie entre -2 et -23 °C.

Il faut par contre s’attendre à de rapides changements de température et à de la pluie!

Transport
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Le Yukon est accessible toute l’année par avion ou en auto. Le coût des vols a d’ailleurs diminué au cours des dernières années, devenant beaucoup plus abordable.

Whitehorse, comme plusieurs autres grandes villes, possède un bon réseau de transport en commun. Se voulant écologiquement durable, le Whitehorse Transit tente de faciliter la combinaison de services d’autobus, de cyclisme et de marche en établissant des circuits qui s’agencent bien avec les pistes cyclables et les sentiers pédestres fréquemment achalandés. Pour ce faire, tous les autobus sont munis d’un porte-bicyclette et il y a plusieurs casiers et gares-vélos à travers la ville. Il existe aussi une Super Pass qui encourage un mode de vie sain et actif en combinant le laissez-passer Transit et des rabais sur la carte de membre du centre communautaire Canada Games Center.

Nourriture
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Au Yukon, les mets traditionnels sont inspirés de la nature et influencés par les traditions des Premières Nations des alentours. Les hamburgers au pain banique, les pâtés au saumon fumé, les confitures aux petits fruits, poissons ainsi que plusieurs types de viandes sauvages (élan, chèvre de montagne, caribou, porc-épic, bison, etc.) et de fruits de mer sont parmi les spécialités du territoire.

Tout comme dans le sud du Canada, il y a plusieurs options lorsque vient le temps de faire l’épicerie ou encore de manger au restaurant. Les restaurants de toutes les gammes de prix et de toutes les sortes abondent dans la capitale territoriale. En ce qui concerne les épiceries, le Farmers Market et le Fruit Stand sont de bons endroits pour obtenir des produits locaux et saisonniers.

Hébergement
hebergement

Plusieurs types de logements sont disponibles pour les visiteurs et les nouveaux arrivants à Whitehorse.

Pour les visiteurs, on compte plusieurs hôtels, motels et gîtes à prix variés.

Pour les gens qui cherchent à s’établir à Whitehorse, plusieurs types de logements sont disponibles. Le prix moyen pour l’achat d’une maison unifamiliale est d’environ 428 000 $, d’un condominium 313 600 $, d’un duplex 302 600 $ et d’une maison mobile 229 600 $ (YBS, 2015a). Pour ce qui est de la location de chambre ou d’appartement, les prix moyens sont les suivants : studio 738 $, une chambre 922 $, deux chambres 1 029 $, trois chambres et plus 1 437 $ (YBS, 2015c).

Faits intéressants!

Whitehorse-Carcross-desertSitué dans la cordillère canadienne, le Yukon offre un paysage naturel spectaculaire avec ses cours d’eau et ses montagnes. Dans le parc national de Kluane, à l’ouest de Whitehorse, se trouve le mont Logan. Atteignant 5 959 mètres, c’est la plus haute montagne au Canada. Au sud de Whitehorse, se trouve le désert de Carcross. Comptant 260 hectares, il s’agit du plus petit désert au monde.

Loisirs

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Activités

Avec ses paysages pittoresques, le Yukon est un endroit idéal pour découvrir la nature et s’adonner à des activités de plein air. Cyclisme, randonnée pédestre, canot, kayak, rafting, pêche, camping, raquette, ski de fond, traîneau à chiens, etc., il y a des activités pour tous, été comme hiver. Pour les amateurs de road trip, il existe plusieurs routes panoramiques comme la Route de l’Alaska ou encore la Boucle de l’or qui permettent de découvrir le territoire de long en large.

À Whitehorse et ses alentours, les visiteurs peuvent s’adonner autant à des activités culturelles qu’à des activités en nature. Par exemple, les musées MacBride, Copperbelt Railway and Mining, Old Log Church, le bateau S.S. Klondike II, ainsi que les centres d’interprétation de la Béringie et Yukon Arts sont des endroits intéressants pour en apprendre davantage sur l’histoire et la culture de ce coin de pays. Les spectacles et les festivals sont aussi des événements à ne pas manquer (vaudeville Frantic Follies, Gala de la francophonie, festival Yukon Sourdough Rendezvous, festival de musique Frostbite, Francofête, festival culturel Adäka). Pour se retrouver en nature près de la capitale, on peut fréquenter le Dirt n’ Soul Bike Park, le Miles Canyon, le Yukon Wildlife Preserve et un peu plus loin, le petit désert de Carcross, le lieu historique national de la Piste-Chilkoot et le parc de Kluane.

Faits intéressants!

Whitehorse-Traineau-à-chienEn plein cœur de l’hiver, alors que les conditions météorologiques sont froides, imprévisibles et ardues, une cinquantaine de coureurs et leurs équipes de chiens s’élancent dans la course la plus prestigieuse du Nord, le Yukon Quest. Cette course internationale de 1 600 kilomètres en traîneau à chiens d’une dizaine de jours, qui suit les routes historiques de la Ruée vers l’or, teste les habiletés des mushers et de leurs chiens.

Liens pertinents

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Voici plusieurs liens que vous pouvez consulter pour en savoir plus sur Whitehorse.

Aperçu télévisé de Whitehorse, visionnez l’épisode suivant de Ça bouge au Canada :

Information pratique sur le logement, le transport, la nourriture, le travail, etc. à Whitehorse en français, consultez les sites suivants :

Information touristique et culturelle sur le Yukon en général et Whitehorse, consultez les sites suivants :

Information sur la francophonie au Yukon :

Information sur la santé et les réalités sociales, consultez les liens suivants :

Renseignements gouvernementaux, consultez le site du gouvernement du Yukon :

Faits intéressants!

Le drapeau franco-yukonnais, conçu en 1986, souligne l’histoire de la communauté francophone dans le territoire.

  • drapeau-franco-yukonaisLe bleu représente la francophonie et le blanc, l’hiver
  • La ligne or évoque la Ruée vers l’or et la richesse francophone.
  • Les formes représentent le dynamisme francophone au Yukon.