La vie à Iqaluit

Portrait de la société

image3

(Photo : « Iqaluit from Joamie Hill » by Aaron M. Lloyd)

Histoire
icone_histoire

L’histoire d’Iqaluit débute il y a plusieurs millions d’années alors que les peuples d’origine Dorset puis Thulé, ancêtres des Inuits contemporains, habitaient la région. Grâce à leurs connaissances approfondies du territoire, ces peuples ont pu prospérer dans l’un des environnements les plus hostiles de la planète.

Le début du XVIe siècle signale les premiers contacts entre les Inuits et les Européens. En 1576, l’explorateur britannique Martin Frobisher navigue dans les eaux près d’Iqaluit à la recherche du passage du Nord-Ouest vers la Chine. Il nomme la baie Frobisher’s Straites et croit y découvrir de l’or (fool’s gold).

À la fin du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle, les rapports entre les Inuits et les Européens s’intensifient en raison de la pêche à la baleine et de la traite des fourrures.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la branche aérienne de l’armée américaine utilise la région d’Iqaluit comme base militaire, la Compagnie de la Baie d’Hudson y déménage son poste de traite et plusieurs familles inuites s’installent dans les environs, créant ainsi la communauté de Frobisher Bay.

Depuis les dernières décennies du XXe siècle, les Inuits s’engagent dans un processus de politisation et de renouveau culturel : en 1987, Frobisher Bay redevient Iqaluit. En 1993, l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et l’Acte du Nunavut sont adoptés. En 1995, Iqaluit devient la capitale du territoire et en 1999, le Nunavut devient le troisième territoire canadien.

Culture
icone_culture

À Iqaluit, comme partout au Nunavut, la culture inuite occupe une place centrale dans la vie des habitants. En effet, le gouvernement du Nunavut encourage l’intégration de l’Inuit Qaujimajatuqangit (ce que savent les Inuits depuis très longtemps) dans toutes ses initiatives. Ces valeurs sociétales regroupent l’ensemble des connaissances et des réflexions culturelles sur l’environnement ainsi que les rapports des Inuits aux éléments, aux animaux, aux personnes et à la famille, accumulées et transmises oralement, de génération en génération, depuis des siècles. Les traditions et savoirs ancestraux font donc partie intégrante du quotidien.

Données socio-
démographiques
icone_donnees

Iqaluit est la communauté la plus populeuse du Nunavut et compte plus de 7 500 personnes. Les habitants y sont relativement jeunes puisque l’âge moyen n’est que de 30 ans comparativement à 40 ans pour l’ensemble du Canada (Statistique Canda, 2012). Les Inuits comptent pour plus de 55 % de la population de la capitale tandis que le reste de la population est majoritairement composée de Blancs. L’anglais et l’inuktitut sont les langues les plus fréquemment employées à Iqaluit, mais le français y est aussi présent. En effet, plus de 98 % des Iqalummiuts parlent anglais, plus de 53 % l’inuktitut et plus de 13 % le français (Nunavut Bureau of Statistics, 2014a).

Santé et réalités sociales
icone_sante

Les réalités sociales et l’état de santé des habitants du Nunavut diffèrent de ceux du Sud. Un coup d’œil rapide révèle la précarité d’une grande partie de la population. Elle doit par contre être comprise en fonction de son contexte : l’isolement géographique et les conséquences intergénérationnelles du colonialisme.

Statut socioéconomique

Une grande partie de la main-d’œuvre des secteurs public et privé (professionnels de la santé, enseignants, policiers de la GRC, fonctionnaires) est composée de gens provenant de l’extérieur d’Iqaluit. Bien que ces derniers soient bien rémunérés, plus de la moitié des habitants du territoire reçoivent des prestations du programme d’aide au revenu pendant au moins une partie de l’année. Conséquemment, près de 60 % des gens habitent des logements subventionnés et près de 70 % des enfants vivent dans des foyers où ils sont à risque de vivre de l’insécurité alimentaire. Cette précarité financière est notamment liée au faible niveau de scolarité de la population. Dû au taux élevé de grossesse chez les adolescentes inuites, plusieurs jeunes parents ont de la difficulté à terminer leurs études secondaires (Jenkins et al., et Tait, cités par le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone [CCNSA], 2011). En 2009-2010, seulement 39,5 % des élèves avaient réussi à terminer leur secondaire. Or, ce faible taux de réussite lorsqu’on le compare à la moyenne nationale représentait un sommet sans précédent pour la région (The Nunavut Roundtable for Poverty Reduction, 2012; CCNSA, 2011).

Réalités sociales

La violence, l’abus d’alcool et la consommation de drogues illicites sont des réalités que vivent les Nunavummiuts. Les femmes inuites souffrent d’un haut niveau de stress, consomment de l’alcool et des drogues et sont souvent victimes et témoins de violence, tous des facteurs qui mettent en danger leur santé et leur sécurité (Healey et Meadows, 2007; CCNSA, 2011). En 2007, 669 personnes sur 100 000 ont déclaré avoir été victimes d’agression sexuelle. La moyenne nationale se situait à 65 personnes sur 100 000 (Statistique Canada cité par le CCNSA, 2011).

État de santé

Au Nunavut, le taux de mortalité infantile est trois fois plus élevé que dans le reste du Canada (Jenkins et al., et Tait, cités par le CCNSA, 2011). De même, les membres des communautés inuites souffrent beaucoup plus du syndrome d’alcoolisme fœtal que la moyenne nationale (Centre Ajunnginiq, cité par le CCNSA, 2011). Chez les jeunes enfants, les taux d’infections chroniques des oreilles entraînant souvent des pertes auditives sont communément associés à un faible rendement scolaire, à un retard de développement du langage ainsi qu’au suicide. Pour ce même groupe d’âge, les infections respiratoires nécessitant l’hospitalisation sont plus fréquentes.

Le taux d’infection transmise sexuellement (chlamydia, gonorrhée) est presque dix fois plus élevé que la moyenne canadienne (Steenbeek et al., cités par le CCNSA, 2011) et on constate aussi une augmentation des personnes atteintes du VIH et de l’hépatite C. Ce taux élevé est souvent lié à la difficulté de prendre en charge le problème de santé à cause de la réticence des Inuits à parler de sexualité (Pauktuutit Inuit Women of Canada, cité par le CCNSA, 2011), aux difficultés entourant l’anonymat dans les petites communautés, à la géographie, à l’isolement et au manque de professionnels de la santé.

En 2008, le nombre de personnes atteintes de tuberculose était 28 fois plus élevé dans les régions inuites que dans l’ensemble du Canada (Agence de la santé publique du Canada, citée par le CCNSA, 2011).

Finalement, les problèmes de santé mentale chez les communautés inuites sont notamment dus à la perte de la culture, aux traumatismes intergénérationnels, à la pauvreté, aux problèmes de logement, à la toxicomanie, etc. Le taux élevé de suicide dans les communautés inuites, surtout chez les jeunes, est inquiétant. En effet, le taux de suicide chez les hommes âgés de 15 à 24 ans est 40 fois plus élevé que la moyenne canadienne (Hicks, cité par le CCNSA, 2011). Le nombre de personnes atteintes de schizophrénie est aussi préoccupant.

Au Nunavut, on observe un manque d’accessibilité et de personnel pour ce qui est des services adaptés dans les régions plus éloignées

Faits intéressants!
  • Le mot « inuktitut », nom de la langue des Inuits, signifie « à la manière des Inuits ».
  • Le mot « Inuit », nom des peuples autochtones du Nunavut, signifie « le peuple ».
  • Le mot « Nunavut », nom du plus jeune territoire du Canada, signifie « notre terre ».
  • Le mot « Iqaluit », nom de la capitale du Nunavut, signifie « plusieurs poissons ».

Vie de tous les jours

image7

Climat
climat

La température et le nombre d’heures de clarté varient grandement dans les différentes régions du Nunavut.

À Iqaluit, l’été, il fait entre 5 et 25 °C tandis que l’hiver, il fait entre -10 et -32 °C. L’humidité y est très basse ce qui réduit l’effet du froid, mais le facteur vent est non négligeable et peut causer des engelures. Les vêtements à l’épreuve du vent sont donc recommandés pour toutes les saisons.

Le nombre d’heures de clarté est bien particulier dans le Nord canadien. À certains endroits comme à Grise Fiord, il y a 24 heures de clarté en juin et 24 heures de noirceur en décembre. Iqaluit étant plus au sud, même au creux de l’hiver la communauté profite d’environ quatre heures de clarté.

Transport
transport

Le Nunavut n’est accessible que par voie aérienne ou marine, puisqu’il n’existe pas de chemin ferroviaire ou de route qui le relie au reste du Canada. C’est également le cas pour toutes les communautés territoriales entre elles, quoique les plus aventuriers puissent s’y rendre en motoneige ou en traineau à chiens.

Les déplacements à l’intérieur même des communautés se font donc en voiture et en taxi, s’il y a des chaussées asphaltées, ou encore en motoneige et à pied.

À Iqaluit, le taxi remplace le transport en commun. Pour 7 $, les chauffeurs de taxi se chargent d’un déplacement, peu importe la distance, mais il n’est pas surprenant qu’ils s’arrêtent pour prendre plusieurs passagers.

Nourriture
nourriture

Au Nunavut, la gastronomie est composée des produits de la chasse et de la pêche. Poissons, caribous, phoques et fruits de mer sont les principaux aliments du territoire.

Pour ce qui est des produits périssables et non périssables, puisque le climat du Nunavut ne lui permet pas d’être autosuffisant, il faut s’attendre à payer le double du prix auquel sont habitués les habitants du Sud canadien. Le coût moyen d’un carton de 2 L de lait est de 7,49 $ à Iqaluit. Le poulet et la farine sont d’autres aliments très coûteux au Nunavut.

North Mart, The Market Place et Baffin Canners sont les trois principaux endroits où se procurer des aliments frais sur place, mais il est aussi possible de commander de la nourriture du Sud. Il y a aussi des restaurants et cafés dans la capitale, dont troisTim Hortons.

Hébergement
hebergement

Il existe plusieurs types de logement disponibles à Iqaluit : des maisons, des maisons en rangées et des appartements. Pour une chambre meublée et chauffée, le loyer est d’environ 1 000 $ par mois (Carrefour Nunavut, n.d.). Par contre, plusieurs employeurs fournissent un logement ou paient une partie du loyer.

Le groupe Facebook Iqaluit House Sitters & Couch Surfers est un bon outil pour trouver un logement.

Il est à noter que les connexions Internet sont beaucoup plus lentes et que les forfaits sont couteux et limités au Nunavut. Certains documents sont donc difficiles à télécharger et la diffusion en continu (streaming) n’est pas une option très performante.

Il y a aussi plusieurs hôtels et gîtes pour les courts séjours.

Faits intéressants!
Bien que le coût de la vie soit très élevé au Nunavut, les Nunavimmiuts bénéficient tout de même des taux d’imposition des revenus les plus bas au Canada.

taxesEn effet, le Nunavut, contrairement aux autres provinces et territoires du Canada, ne prélève aucune taxe territoriale de vente. Les Nunavimmiuts n’ont donc qu’à payer la TPS lors de leurs achats locaux et même en ligne.

Loisirs

Activités

Iqaluit est la ville idéale pour découvrir les paysages époustouflants et la riche culture du Nord.

Il existe une multitude d’activités pour plaire aux mordus de plein air. Randonnées pédestres dans les parcs territoriaux ou jusqu’au bout de la Road to Nowhere, circuits en traineaux à chiens ou en motoneiges, excursions en zodiacs, en canots ou en kayaks, ski, camping, chasse, pêche sont parmi les activités les plus populaires à Iqaluit.

La culture est aussi mise de l’avant dans la capitale territoriale. Iqaluit accueille notamment plusieurs festivals comme le festival Toonik Tyme (début avril), le festival Alianait Arts (fin juin) et le festival Nunavut Arts (fin août) qui célèbrent les arts et la culture inuits. À n’importe quel moment de l’année, une visite au musée Nunatta Sunakkutaangit et à l’Assemblée législative du Nunavut révèle l’intéressant mariage de la culture traditionnelle inuite avec la modernité.

Faits intéressants!
icone_inukshukLe mot « Inukshuk », nom des constructions de pierres empilées à forme humaine, signifie « ce qui a la capacité d’agir comme un être humain ». Autrefois, les Inuits utilisaient les inukshuks comme points de repère pour naviguer dans le territoire et comme stratégies de chasse pour faire croire aux caribous qu’ils étaient entourés de plusieurs chasseurs. Aujourd’hui, l’inukshuk est un symbole du folklore et de la fierté inuits. Il est d’ailleurs présent sur le drapeau du territoire.

Liens pertinents

image15

Voici plusieurs liens que vous pouvez consulter pour en savoir plus sur Iqaluit.

Aperçu télévisé d’Iqaluit, visionnez l’épisode suivant de La Petite séduction :

Information pratique sur le logement, le transport, la nourriture, le travail, etc. à Iqaluit en français, consultez le Guide d’accueil du Carrefour Nunavut :

Information touristique et culturelle sur le Nunavut en général et Iqaluit, consultez les sites suivants :

Groupes Facebook intéressants :

  • Iqaluit House Sitters & Couch Surfers pour trouver un logement
  • Iqaluit Sell/Swap pour acheter quasi n’importe quoi
  • Iqaluit Auction Bids pour des biens artisanaux
  • Iqaluit Photos pour toutes sortes de photos qui donnent le goût de vivre à Iqaluit
  • Iqaluit Public Service Announcements pour savoir ce qui se passe dans la communauté
  • Nunatsiaq News pour les nouvelles qui touchent le Nord canadien
  • CBC Nunavut pour les nouvelles du Nunavut

Informations statistiques, consultez les liens suivants :

Information sur la santé et les réalités sociales, consultez les liens suivants :

Renseignements gouvernementaux, consultez le site du gouvernement du Nunavut :

Faits intéressants!
Tous les éléments du drapeau franco-nunavois ont une signification particulière qui décrit le territoire et ses habitants.

drapeau_nunavut

  • Le bleu représente le ciel arctique et le blanc, la neige.
  • L’igloo et l’inukshuk représentent la présence humaine.
  • Le pissenlit, résilient, représente la francophonie.